







Plusieurs travaux empiriques ont souligné les bénéfices économiques d’une indépendance politique de la banque centrale (Alesina et Summers, 1993 ; Dincer et Eichengreen, 2014). Cette littérature a notamment établi des indicateurs mesurant le degré d’indépendance des banques centrales et constaté que ces indicateurs étaient négativement et significativement corrélés avec le taux d’inflation. Une telle relation est interprétée comme dénotant la causalité suivante : une plus grande indépendance de la banque centrale entraîne une plus faible inflation (1). L’idée serait qu’une banque centrale plus indépendante est moins poussée par le gouvernement à assouplir sa politique monétaire pour stimuler l’activité économique, ce qui aurait en outre pour effet de mieux ancrer les anticipations d’inflation à un faible niveau. Dans les modélisations de la domination budgétaire (fiscal dominance), comme celle proposée par Sargent et Wallace (1981), les gouvernements seraient tentés de faire pression sur la banque centrale pour financer leurs déficits.
Épisode inflationniste mondial : enseignements pour la politique monétaire
L’accélération de l’inflation a suivi une période inédite de perturbation de l’économie mondiale, mais elle offre tout de même d’importants enseignements aux banques centrales

Retombées de la politique monétaire de la Fed sur celle de la BCE : le rôle des « nouvelles » sur l’inflation | Banque de France
Billet de blog 386. La politique monétaire de la Fed a eu des effets sur les conditions financières en zone euro lors du cycle monétaire récent. Toutefois, ces effets ont avant tout résulté indirectement de la perception par les marchés de perspectives d’inflation communes entre les deux zones et non d’une influence directe. Ainsi, pour les marchés, la crédibilité de la BCE à lutter contre l’inflation en toute indépendance de la Fed n’a pas été mise en doute.

Quelles ont été les répercussions macroéconomiques de l’adoption du ciblage d’inflation ?
La stagflation des années soixante-dix a fini par convaincre les banques centrales de donner la priorité à la seule lutte contre l’inflation ; les travaux des nouveaux classiques leur suggéraient d’ailleurs que la stabilité des prix était le seul objectif...
Quand les banques centrales s’emparent de la question du climat
Un tiers des discours des banques centrales aborde désormais le thème du changement climatique. Comment ces institutions, traditionnellement focalisées sur l’inflation, en sont-elles arrivées là ?

L’inflation, les anticipations d’inflation et la politique monétaire : qu’a-t-on appris depuis la pandémie ?
Les anticipations d’inflation tiennent une place de premier plan dans la macroéconomie moderne [Kose et alii, 2019]. Les modèles monétaristes, nouveaux classiques, puis nouveaux keynésiens, leur font jouer un rôle clé dans la mécanique de l’inflation....
annotations: L’inflation est un problème politique
Blog de sciences économiques et sociales de Martin Anota. Traductions, revues de presse.
Le rôle des politiques non monétaires dans la lutte contre l’inflation
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Comment expliquer l’énigme de l’inflation ?
Blog de sciences économiques et sociales de Martin Anota. Traductions, revues de presse.

La fin des politiques monétaires climatiques: aux origines allemandes du tournant de Trump | Le Grand Continent
Les banques centrales doivent-elles s'impliquer dans la lutte contre le changement climatique ? Alors qu'un consensus s'est solidifié en Europe, l'élection de Donald Trump a fait voler en éclat cette idée aux États-Unis. Parmi les opposants au tournant écologique des politiques monétaires, un texte canonique circule. Le discours de l'ancien banquier central allemand Jens Weidmann, prononcé en 2020, est désormais présenté comme une référence. L'économiste Eric Monnet l'introduit et le discute à la lumière du contexte actuel.

Quand l'Etat incite à la stagnation des salaires
Au cours des années récentes, l’embellie du marché du travail conjuguée à la vague inflationniste a remis le dossier des salaires et du pouvoir d’achat sur le …

Alors que l’inflation recule, l’économie mondiale a besoin d’un changement de cap sur trois fronts
La croissance devrait rester stable, mais dans un contexte où les perspectives se dégradent et où les menaces sont grandissantes, le monde doit changer de cap

annotations: Quelles leçons pouvons-nous tirer de la bulle inflationniste de 2021-2023 ?
Blog de sciences économiques et sociales de Martin Anota. Traductions, revues de presse.
Le vrai coût de la vie
La forte hausse des coûts de l’emprunt, en particulier ceux liés à l’immobilier résidentiel, a favorisé un déphasage entre les statistiques de l’inflation et le moral des consommateurs

L’économie mondiale entre dans une nouvelle ère
Dans un contexte de tensions commerciales et de vives incertitudes entourant les politiques publiques, l’avenir dépendra de la façon dont les pays feront face aux défis et saisiront les opportunités

Capitalisme mondial : le taux de profit a-t-il baissé au cours des dernières décennies ? - Contretemps
La loi de la baisse tendancielle du taux de profit a constitué l’un des points fortement discutés des réflexions de Marx sur la dynamique du capitalisme. Dans la mesure où le capitalisme s’est étendu à l’ensemble des régions du globe, l’échelle mondiale est la plus pertinente pour la tester empiriquement. L’économiste Michael Roberts passe en revue les dernières estimations du taux de profit mondial et conclut que celui-ci tend effectivement à baisser depuis le milieu du 20e siècle.

« Au ciel de la richesse »: Le cœur théologique caché du rationnel économique occidental
Les historiens de la pensée économique et les économistes ont souvent décrit notre vision actuelle de l’économie ainsi que la science économique, censée transposer cette vision en termes rigoureux, comme l’aboutissement d’un double processus : toutes deux seraient le fruit, d’une part, du développement de la rationalité européenne et, d’autre part, de la modernisation/sécularisation de la pensée économique prémoderne (c’est-à-dire médiévale). Le développement de la rationalité économique européenne a donc été envisagé et représenté comme la victoire sur les conceptions économiques propres au Moyen Âge et à l’époque moderne, et ce par des auteurs aux points de vue très variés. On peut toutefois avancer une autre interprétation de l’évolution des langages économiques européens et de l’histoire de la « pensée économique » occidentale entre le Moyen Âge et la modernité, autrement dit entre le xve et le xviiie siècle. Selon cette perspective alternative, sur le plan formel, certains aspects de la science économique moderne (et, plus généralement, de la modernisation économique de l’Occident) résulteraient plutôt de l’incorporation et de la mise en œuvre systématique, durant l’époque moderne, de composants linguistiques/politiques hérités de la prémodernité. Ces composants consistent en des métaphores, des images et des allégories qui représentent la croissance ou la stagnation économique, de même que les asymétries économiques et les disparités sociales, comme participant d’un équilibre organique, fondé sur un ordre naturel ou providentiel. Ce système métaphorique de notions, ancré à l’origine dans une syntaxe conceptuelle issue du discours théologique, fut traduit en un langage qui, en convertissant les métaphores économiques en lois de l’économie, dissimulait leur sens historique et politique. L’imaginaire économique prémoderne pouvait alors être réactivé sous la forme d’une rhétorique qui représentait les asymétries économiques comme la conséquence naturelle et nécessaire d’un ordre économique rationnel et vérifiable., AbstractsHistorians of economic thought and economists have described today’s economic worldview and the contemporary economics that is supposed to put it into scientific terms as the outcome of a double process: the growth of European rational thinking and the modernization/secularization of premodern (that is, “medieval”) economic thought. The growth of Western economic rationality has been imagined and represented as overcoming medieval and early modern economics from many different perspectives. It is possible, however, to suggest another interpretation of European economic languages and the history of Western “economic thinking” between the Middle Ages and modernity, that is, from the fifteenth to the eighteenth century. This alternative perspective sees the shaping of some aspects of modern economics (and of Western economic modernization) as a result of the absorption and systematic implementation of linguistic/political elements transmitted from premodern to modern times as metaphors, images, and allegories representing economic development or stagnation, economic asymmetries, and social disparities as if they were an organic equilibrium based in the order of nature and providence. This metaphoric system of economic notions, originally embedded in a theological conceptual syntax, was translated into a language that simultaneously converted economic metaphors into economic laws and concealed their explicit historical and political meaning. The premodern economic imaginary could then be reactivated in the form of a rhetoric representing economic asymmetries as the natural and necessary byproduct of a rationally verifiable economic order.
