







Le 8 août 45, Hiroshima faisait la Une du Monde. Le Figaro du même jour évoquait « une incontestable merveille scientifique ». La puissance des sciences physiques s’impose ainsi brutalement avec les deux bombes nucléaires larguées sur le Japon, qui marqueront la fin du second conflit mondial. Mais dans l’immense majorité des journaux et revues, le bombardement à proprement parler est occulté et la critique de l’arme nucléaire reste marginale. Ce qui est mis en valeur, c’est une victoire de la science et l’entrée dans une nouvelle ère fondée sur le pouvoir de la physique. Le physicien atomiste devient alors l’incarnation d’une modernité conquérante, emmenant dans son sillage, de fil en aiguille, toutes les sciences physiques. Ainsi, entre 1944 et 1968, le nombre de doctorats en sciences physiques soutenu en France sera multiplié par 20. Cette gloire de la physique s’accompagne d’un extraordinaire essor des effectifs de chercheurs, d’enseignants, d’étudiants, qui ira de pair avec le développement de nouvelles manières de concevoir et d’organiser la recherche : plus collective, plus administrée, jusqu’à une échelle parfois industrielle. Par leur position dominante, les sciences physiques s’érigent en modèle à suivre pour l’ensemble des disciplines académiques dans l’après-guerre, y compris pour les sciences humaines et sociales. Mais alors, comment les femmes et les hommes de sciences, considérés et se considérant dans leur majorité comme des savants au sortir de la Seconde Guerre mondiale, changent-ils de métier et deviennent-ils progressivement, mais massivement, des chercheurs ? Comment les universités et les grandes écoles ont-elles affronté ou ont-elles rendu possible ce nouveau régime de production des faits scientifiques comme des élites scientifiques ? Aujourd’hui nous recevons dans ce nouvel épisode du Sens des mots, l’historien Pierre Verschueren à l’occasion de la parution de son ouvrage Des savants aux chercheurs (https://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100764240). Un livre qui se situe aux croisements de l’histoire et de la sociologie. Notre invité a choisi de nous en parler en trois mots : métier, doctorat et laboratoire. Pierre Verschueren est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Franche-Comté (Centre Lucien Febvre). Il consacre ses travaux à une socio-histoire des sciences articulant l’étude des savoirs, des professions et de l’enseignement supérieur. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Les énergies fossiles sont le carburant de la droite réactionnaire
Il est temps de les arrêter.

Ni Dieu Ni Maître : L’histoire secrète de l’anarchisme mondial – Documentaire Politique - AT
Les ScienceGuardians, fantômes de l’intégrité — TheMetaNews
Un groupe d’activistes anonymes s’emploie depuis près d’un an à suivre, voire à menacer juridiquement, les détectives de l’intégrité scientifique. Chroniques d’une guerre invisible.

L'Insee enfonce-t-il des portes ouvertes ?
Quand l’Insee publie une étude sur un phénomène perçu comme une évidence, les réactions fusent : à quoi bon mobiliser les moyens de la stat...

L’implacable érosion de la liberté scientifique
Sinistre coïncidence ou signe des temps. Alors que sortait en librairie le récit de l’anthropologue Fariba Adelkhah, otage scientifique en Iran de 2019 à 2023…

«Oui, ça ira». Une conversation fleuve avec Patrick Boucheron, co-auteur de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 | Le Grand Continent
« On nous dit que nous sommes hors sol — mais le sol, il est là. » Succès planétaire, au cœur des polémiques, la cérémonie d’ouverture de Paris 2024 a fait date. Dans une prise de parole unique, extrêmement fouillée, l’historien Patrick Boucheron nous fait entrer dans le secret de la fabrique à images de la cérémonie qu’il a co-écrite — d’Aya Nakamura en duo avec la garde républicaine à la cavalière sur la Seine en passant par la décapitation de Marie-Antoinette ou la « Cène subliminale », jusqu’à la Tour Eiffel où Céline Dion entonne l’Hymne à l’amour, nous comprenons ses intentions, sa genèse, sa signification et les perspectives qu'elle ouvre.

Les honnêtes gens et le sale boulot
2Je ne fais pas ressurgir le cas de l’Endloesung (la solution finale) nazie de la question juive pour condamner les Allemands ou les faire paraître pires que les autres, mais pour rappeler à notre attention la dangerosité toujours tapie en nous. Une grande partie de ce qui suit fut écrite après mon premier séjour après-guerre en Allemagne, en 1948. Mes impressions furent vives. Les faits ne se sont pas amoindris et n’ont pas disparu avec le temps, comme l’ont fait les histoires des atrocités que les Allemands sont censés avoir perpétrées en Belgique pendant la Première Guerre mondiale. Plus les comptes-rendus étaient exhaustifs, pires ils étaient [3].
🟢 La canicule m’a radicalisée
IA, politique(s), même combat : on veut des actes pour préserver l'habitabilité de la planète.
« Une minorité privilégiée sacrifie la planète afin de préserver ses richesses et son pouvoir »
TRIBUNE. Le rejet de l’écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, déplorent trois spécialistes d’écologie politique, dans une tribune au « Monde ».

Démocraties en danger : pourquoi nous minimisons les risques, selon les sciences du comportement
Les Européens, qui vivent en démocratie depuis plus de 70 ans, sous-estiment les risques de basculement vers l’autoritarisme car ils n’en ont jamais fait l’expérience.

Frédéric Le Moal, Histoire du fascisme, Paris, Perrin, 2018, 425 p.
Frédéric Le Moal, spécialiste de l’Italie, propose une nouvelle histoire du fascisme. Son projet ne consiste pas à livrer des faits inédits, ceux-ci étant généralement bien établis, mais à donner u...

Orbiter autour d'un corps rocheux prend toujours 1h30
Un résultat un peu contre-intuitif, mais vrai de notre Terre comme de n'importe quel minuscule astéroïde

Patrimoine immobilier et catastrophes climatiques
L'été dernier, je publiais dans Le Monde un texte qui partait d'un constat devenu banal et pourtant encore mal digéré par les institutions financières. Les événements climatiques extrêmes ne sont plus des risques marginaux, et le secteur bancaire tarde à en prendre la mesure. Cette tribune, reprise sur mon blog sous le titre (original) Crise climatique…

Religion : « A l’ère des médias de masse, les scandales de blasphème génèrent une véritable machine identitaire, alimentant un supposé choc des civilisations »
Du Décalogue biblique à la supposée « Cène » de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, en passant par les caricatures de Mahomet ou Salman Rushdie : l’historien Gerd Schwerhoff retrace, dans un entretien au « Monde », l’histoire du blasphème en Occident, et appelle à distinguer la loi et la morale en la matière.

Comment l'extrême centre a mis l'extrême droite au pouvoir (en Allemagne, en 1933)
En revenant, en historien rigoureux, sur les conditions dans lesquelles Hitler est arrivé au pouvoir, Johann Chapoutot souligne les analogies avec la période contemporaine. Il est rejoint par l'écrivain Eric Vuillard, auteur
La Première Guerre mondiale du point de vue des chevaux
Indispensables pour la cavalerie, l’infanterie mais également l’artillerie, pour tirer canons, munitions, vivres et hommes, les chevaux ont aussi façonné l'évolution de cette guerre de tranchées.
