







Kergoat Danièle. Comprendre les rapports sociaux. In: Raison présente, n°178, 2e trimestre 2011. Articuler le rapports sociaux. pp. 11-21.
« La France a toujours fait bande à part par rapport à l’héritage u...
Diversité : Comment peut-on caractériser le modèle universitaire français ? Historiquement, dans quelles traditions s’inscrit-il ? Christophe Charle : La France a toujours fait bande à part par rap...

En commun
Plateformes éthiques en commun pour connecter les savoirs et les personnes pour une société plus collaborative et ouverte, par Projet collectif.

Ne militez jamais
Compilation des plus moches productions graphiques du mouvement social. Nanarland de la propagande....
Canicule : le financement du plan d’urgence pour les écoles divisé par cinq
Les ambitions s’évaporent. Le mercure à peine retombé à un niveau supportable, l’enveloppe annoncée par le gouvernement fin juin pour rafraîchir des milliers d’écoles a été divisée par cinq sur décision de Matignon, selon le média Politico.

Train solaire suisse: quel avenir ?
Les voies ferrées solaires pourraient bientôt se généraliser en Europe après un essai concluant en Suisse

Interroger le mérite des champions, à l'école comme dans les stades
A l’heure où, à nouveau, des médailles sont distribuées aux champions olympiques et paralympiques, la question du sens de ces récompenses débouche sur des inte…

POLITEIA#32 | La France championne du monde, une victoire du foot de cité ? | Stéphane Beaud
En finir avec les terrains de golf
Le coût d'opportunité de votre loisir est bien trop élevé, messieurs les golfeurs

La compétition attise les inégalités et mine la cohésion sociale. Il faut miser sur la coopération
Compétition et inégalités vont de pair. Pour contrer cette tendance généralisée à tous les domaines de la vie sociale, il faut sortir de cette logique et opter pour la coopération. Le point de vue de Sandra Hoibian, directrice du Crédoc.

Déshériter de l'héritage
Au XIXe siècle, l'héritage était déterminant mais très vivement contesté. En ce début de XXIe siècle, il est triomphant et à peine critiqué. Comment le comprendre ? Réponses de la philosophe Mélanie Plouviez.
Tal Piterbraut-Merx / La domination oubliée : politiser les rapports adulte-enfant / Blast / Rencontre
Mercredi 30 octobre à 19h30, suite au suicide de Tal Piterbraut-Merx, à partir du manuscrit inachevé de sa thèse, un collectif d’ami·es chercheureuses a établi un ouvrage La domination oublié…


Bataille chez Les économistes atterrés
Le collectif des Economistes atterrés, qui rassemble de nombreux économistes de gauche, traverse une crise interne. Alternatives Economiques donne la parole au…

Indonésie: le FC Rainfall utilise le terrain de football comme un terrain de lutte
Depuis quelques années, l'Indonésie voit l'émergence de clubs alternatifs opposés à la fédération officielle (PSSI) et au gouvernement. Le FC Rainfall est probablement le représentant de ce mouvement avec le projet le plus avancé. Ramadhan Sigih Pratama nous en parle dans cet article initialement publié sur le média Halimun Sakala. Ce n’est pas un phénomène nouveau que les terrains de football deviennent des champs de résistance face à l’arbitraire du pouvoir. Il suffit de jeter un regard sur l’Histoire, en 1930, quand un ingénieur civil a tenté d’insuffler un esprit de lutte en fondant une fédération destinée à s’opposer au gouvernement colonial néerlandais. Son nom: Soeratin Sosrosoegondo. Sous l’administration coloniale néerlandaise, la fédération de football indonésienne – aujourd’hui appelée PSSI (Persatuan Sepak Bola Seluruh Indonesia) – cherchait à s’opposer au pouvoir à travers le football. Outre le rejet de toutes les formes d’oppression, elle combattait également la commercialisation du football menée par les autorités des Indes néerlandaises. La popularité croissante du football parmi la population locale était exploitée par le gouvernement colonial pour engranger des profits considérables. De plus, les Néerlandais interdisaient aux indigènes de participer à l’industrie du football, entièrement contrôlée par la fédération coloniale NIVB (Nederlands Indische Voetbal Bond). Celle-ci n’accordait qu’aux Européens blancs le droit de jouer au football. Les indigènes en étaient exclus sous prétexte d’une prétendue inégalité de niveau entre autochtones et Européens. Il s’agissait évidemment d’une discrimination flagrante envers les Indonésiens. Face à cela, le dégoût du peuple indigène envers le gouvernement néerlandais ne faisait que s’amplifier. À cette époque, le football avait progressivement cessé d’être un divertissement pour toutes les couches de la société. Quittons un instant l’époque coloniale. Près d’un siècle plus tard, en 2023, naît un club de football issu de la base, fondé par ses propres supporters, nommés les Deer Troops. À l’image de Soeratin, ce club alternatif originaire de la “Ville de la Pluie” porte aussi un esprit de résistance par le football. Il s’appelle FC Rainfall: une équipe alternative qui veut offrir une antithèse à l’industrie du football indonésien qui est selon eux gangrénée par la corruption, la commercialisation à outrance, la violence, les matchs truqués et d’autres formes de dérives. Aujourd’hui, la fédération indonésienne, qui a 95 ans, s'est éloignée des intentions initiales de son fondateur. L’histoire de l’Indonésie a pourtant démontré que le football ne se limite pas à donner des coups de pied dans un ballon; il peut devenir un outil de résistance face au pouvoir en place. Lors des matchs du FC Rainfall, il n’est donc guère surprenant de voir autour du terrain des banderoles contestataires, des drapeaux de lutte et des chants critiques résonner depuis les tribunes. L'alliance du foot et de la punk attitude Bien que séparées par le temps, ces deux époques partagent une même essence: la résistance. Comme la PSSI de Soeratin, Rainfall et les Deer Troops se posent en antagonisme au football officiel en proposant des matchs à prix accessible, divertissants, sûrs, ouverts à tous sans distinction d'âge, de genre, ni barrière sociale. Ils veulent se démarquer des clubs affiliés à la fédération, jugés soumis à celle-ci, et englués dans le cercle vicieux de la commercialisation. Sans sponsors, FC Rainfall vit et se développe depuis environ deux ans dans le milieu du football alternatif. Propriétaires du club, les Deer Troops jouent un rôle central dans son évolution, chaque décision étant prise avec leur participation. L’argent ne fait certes pas tout, mais il est difficile de nier qu'on finit toujours par en avoir besoin. Ainsi, en plus des contributions collectives permettant de rassembler des fonds pour les besoins du club, les billets d'entrée pour les matchs du FC Rainfall sont vendus entre 15 000 et 20 000 roupies indonésiennes (NdT: entre 0,80 et 1 euro). Est-ce suffisant? La réponse est non. Pour subvenir à ses besoins et élargir son influence, le FC Rainfall a aussi lancé du merchandising et sorti des t-shirts et maillots, en collaboration avec des groupes musicaux – comme The Kuda, groupe punk de Bogor connu pour ses critiques sociales acerbes –partageant les mêmes frustrations et la même passion pour le football. Depuis Jakarta, le groupe Morfem, auteur du titre “Rayakan Pemanang”, a sorti deux maillots en partenariat avec le FC Rainfall, dont l’un est devenu un produit officiel lors de leur tournée au Japon, Terepooteshion Tour. Le groupe punk rock Dongker, de Bandung, a également collaboré avec Rainfall à l’occasion de la sortie de son album Ceriwis Necis. Les bénéfices de ces ventes financent toutes les activités du club, sur et en dehors du terrain. Ces collaborations ne visent pas seulement à couvrir les dépenses, mais aussi à faire connaître le club dans divers milieux. Et cela fonctionne: la popularité de FC Rainfall ne cesse de croître. Fédérer, nouer des liens Leur slogan, “Football Friendship Forever”, illustre aussi leur volonté de nouer des liens au-delà des frontières. Rainfall n’est pas seulement connecté aux clubs alternatifs indonésiens; il a également tissé des relations à l’étranger, notamment avec Shah Alam Antlers FC, club alternatif de Malaisie animé par les mêmes refus. Un déplacement du FC Rainfall en Malaisie a même été envisagé: une rencontre attendue entre deux clubs alternatifs voisins, unis par le même feu contestataire. Revenons au football comme outil de lutte. Nous savons que la fédération de football – aujourd’hui dirigée par Erick Thohir – fut à l’origine un instrument de résistance contre le colonialisme néerlandais. Le chemin parcouru par la PSSI est long: lutte contre la colonisation hier, lutte contre ses propres dérives aujourd’hui. C’est dans ce contexte que le FC Rainfall a vu le jour: par dégoût du football indonésien sous la tutelle de la PSSI. À l’heure où les rivalités toxiques pullulent, où la commercialisation prime et où des matchs sont truqués en toute impunité, Rainfall et ses “Cerfs” se dressent pour rétablir le football comme loisir populaire et outil de lutte. Leur objectif n’est pas la performance sportive, mais celle-ci n’est pas absente pour autant: le FC Rainfall a remporté plusieurs trophées dans diverses compétitions amateurs. Il participe régulièrement à des tournois alternatifs, dont l’un des plus importants est le MayDay Collective Football, organisé chaque 1er mai à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs: un moment idéal pour célébrer le football alternatif et rallumer les braises de la contestation. Des clubs sont venus de Bandung, de Bogor, de Bekasi, de Tangerang, de Jakarta et d’ailleurs pour y participer. Lorsqu’en 2024 Bogor a accueilli l’événement, des milliers de fans ont célébré un football abordable, sûr et résolument contestataire. Beaucoup d’amateurs espèrent voir un jour la création d’une ligue officielle du football alternatif, réunissant des clubs comme FC Rainfall, Middleway, Urbanside, Kalibrug, Port City Wanderers, Fortress VB, FSV Metopen et bien d’autres. Au vu de l’engouement et du réseau qui s’étend entre clubs alternatifs à travers les villes d’Indonésie, une ligue amateur parallèle à la ligue officielle n’a rien d’impossible. Son objectif serait de rendre au football son rôle de divertissement sûr pour tous, et un espace de résistance contre les dérives de la fédération et du gouvernement, en écho à l’esprit de Soeratin dans sa lutte contre le colonialisme. “Faire résonner la voix de la résistance à travers le football” Mais tout dépendra des individus engagés dans ce mouvement alternatif. Chacun possède sa manière et sa stratégie pour exprimer son refus des abus dans le monde du football. Dès lors, une question demeure: jusqu’où le FC Rainfall et les clubs alternatifs indonésiens porteront-ils la colère de leurs supporters? Et quelle attention les acteurs du terrain accorderont-ils aux enjeux qui dépassent le rectangle vert? Pour conclure, je veux exprimer un souhait. À Bogor, ville des pluies imprévisibles, un ciel clair n’est jamais la garantie qu’il ne pleuvra pas. Bien au contraire: il arrive qu’un ciel radieux se transforme soudain en un déluge capable d’emporter tout sur son passage. Puisse le FC Rainfall devenir cette averse, une menace pour cette fédération gangrenée et ce gouvernement arbitraire. Puisse-t-il utiliser pleinement sa popularité comme levier de contestation et faire résonner toujours plus fort la voix de la résistance à travers le football. Pour que tout cela ne se réduise pas, à la fin, à un fanatisme sportif stérile, qui comme toujours finit par ne laisser que des larmes. Traduit du bahasa à l'aide de Deepl, relu et validé par l'auteur

Pia Sundhage, la meilleure coach du monde et le boycott de la Maison Blanche
En menant la sélection féminine suisse en 1/4 de finale de l'Euro 2025 disputé à domicile, Pia Sundhage a rempli sa mission. Plusieurs observateurs attribuent cette qualification historique à l'état d'esprit insufflé par la sélectionneuse suédoise à ses joueuses. Portrait d'une figure emblématique du football féminin international. Après avoir été à la tête de l'équipe nationale féminine du Brésil entre 2019 et 2023, Pia Sundhage a pris les rênes de la Suisse en 2024 avec l'objectif de bâtir un projet solide autour de l'Euro 2025. Affronter la sélection espagnole en 1/4 de finale est comme un cadeau, un appel à créer l'exploit. « Les joueuses ont davantage confiance en elles lorsqu'elles sont au top de leur forme », a expliqué Pia Sundhage qui applique les préceptes de management qui en ont fait une des toutes meilleures coachs de l’histoire du football féminin, à la même table que Jill Ellis et Sarina Wiegman. Son expérience fait autorité et la fédération helvète y a vu la figure idéale pour faire passer un cap à l’équipe. Originaire de la région de Göteborg, Pia Sundhage a le football dans les veines. Avant de devenir une coach incontournable, elle a été une des meilleures footballeuses du monde avec une carrière longue de 22 ans. Contrainte, jeune, de se camoufler derrière un prénom masculin pour pouvoir jouer au football, elle a honoré sa première cape en équipe nationale à seulement 15 ans. Avec ses 71 buts en 146 matchs sous le maillot suédois, elle a d'ailleurs longtemps été la meilleure buteuse de la sélection avant d'être détrônée par Hanna Ljungberg, puis Lotta Schelin. Auteure du tir au but victorieux lors de l’Euro 1984, elle est aussi connue pour avoir inscrit le premier but du premier match féminin joué à Wembley. « C’était énorme. Je me souviens de l’émotion d’être sur ce terrain légendaire. Marquer ce but a été un moment fort de ma carrière », a-t-elle raconté plus tard. « Je suis rouge! » Après avoir raccroché les crampons en 1996, elle rejoint le staff de la sélection nationale pour les grandes compétitions, avant de partir aux États-Unis, une des patries du football féminin. Là-bas, elle prend place sur le banc des Philadelphia Charge, puis des Boston Breakers. Elle y est élue “meilleure entraîneur de l'année” en 2003 et forge sa réputation. En novembre 2007, elle remplace Greg Ryan à la tête d'une sélection féminine américaine qui sort d'une décevante troisième place en Coupe du Monde, avec une petite humiliation subie face au Brésil en 1/2 finale. Pia Sundhage est alors apparue comme le visage d'une nécessaire révolution. Celle-ci se traduira par deux médailles d’or olympique (en 2008 à Pékin et en 2012 à Londres) et une finale lors de la Coupe du monde 2011, perdue aux tirs au but face au Japon. Ce que Pia Sundhage a construit aux States, c'est une équipe quasi invincible avec la statistique impressionnante de 91 victoires en 107 matchs, pour seulement 6 défaites. Triompher chez l'Uncle Sam est un paradoxe pour celle qui est connue en Suède pour une certaine proximité philosophique avec le Parti Communiste et son journal Proletären. Certains médias relèvent aussi qu'elle a déjà effectué un don de quelques milliers d'euros au Proletären FF, une équipe de football communiste de Göteborg. « Je suis rouge! », avait-elle d'ailleurs déclaré au média suédois Expressen. « Je ne crois pas au capitalisme. Je crois dans le fait de faire les choses en commun ». Pia Sundhage s'est aussi exprimée sans détour sur son homosexualité, ce qui en fait une voix qui porte pour la cause LGBTQ+ dans le sport. « Si les gens me posent la question, je réponds: “Oui, je suis lesbienne”, et c’est comme ça. Je n’ai jamais eu de problème à cause de cela… C’était difficile quand j’avais vingt ans en Suède, mais je m’en fichais. C’est moi. À prendre ou à laisser. » Une manière de ne laisser aucune prise aux conservateurs, une source de force, encore plus à la tête de la sélection américaine. « Pas son genre de papoter gentiment avec George W. Bush » Les succès de l'équipe nationale américaine lui vaudront d'être invitée à la Maison Blanche. Elle refusera une première fois de s'y rendre, invitée par George W. Bush avec l'équipe, après la victoire aux JO 2008. Elle s'offrira le luxe, trois ans plus tard, de récidiver en déclinant l'invitation de Barack Obama. « Qu'est-ce que j'irai faire là-bas? », avait rétorqué Sundhage à ceux qui l'avait questionnée à ce sujet. « C’est une décision facile, je ne suis pas intéressée, et je ne trouve pas cela amusant ». Serrer la main des présidents américains qui répandent la guerre en Afghanistan et en Irak, ce n'est pas trop la tasse de thé de cette immense fan de Bob Dylan. Ceux qui la connaissaient vraiment à l’époque n’ont pas été surpris. Pour Ivar Andersen, rédacteur du journal Dala-Demokraten, « c'est une socialiste convaincue, ce n'est pas son genre d'aller à la Maison-Blanche pour papoter gentiment avec George W. Bush. Pia connaît ses convictions politiques ». Des idées solidement ancrées à gauche qu'elle a su transposer dans le monde du football capitaliste avec un management réputé bienveillant, sécurisant et structuré. Pour tirer le meilleur des individualités, elle travaille beaucoup sur la confiance en soi. « J’essaie d’utiliser mon langage corporel pour souligner ce qui est positif. Je cherche les choses réussies, plutôt que de corriger constamment les erreurs », a-t-elle expliqué en 2011 dans une interview. Une pionnière Dans sa carrière, Pia Sundhage a su tirer le meilleur de joueuses aussi iconiques que Megan Rapinoe, Abby Wambach et Hope Solo aux États-Unis, ou encore Marta et Cristiane au Brésil. On lui reconnaît une grande capacité à gérer les égos et à fédérer autour de son projet. Elle privilégie les valeurs collectives, l’intelligence de jeu, et la progression mentale des joueuses, ce qui en fait une formatrice autant qu’une tacticienne. Un de ses outils est le ratio de “sept retours positifs pour une critique négative”. Ce qui ressemble sur le papier à une formule magique dérivée de la psychologie positive entrepreneuriale a pour effet de limiter la peur de l’erreur chez les joueuses et de débloquer la prise d’initiative. Ivar Andersen a plaidé dans une tribune pour que Pia Sundhage soit nommée sélectionneuse de l’équipe masculine. Mais même en Suède, le monde du football n'est pas prêt pour ce type de chamboulement. Pas encore.

François Dubet et Marie Duru-Bellat : « Contre les inégalités scolaires, plus d’école n’est pas la solution »
Dans leur ouvrage L’emprise scolaire, les deux sociologues mettent en évidence les limites du système éducatif français fondé sur la compétition, et invitent à…
